Pierre Bourdieu : L’insoumission en héritage

Pierre Bourdieu : L’insoumission en héritage. Ouvrage collectif sous la direction d’Edouard Louis aux Presses Universitaires de France (2013) :

Extrait de « La distinction, œuvre totale et révolutionnaire » d’Annie Ernaux :

« La distinction est révolutionnaire au sens politique car ses outils d’analyse, en permettant de comprendre concrètement par quels moyens les visions dominantes s’imposent et imposent leur pouvoir, sont aussi des instruments de liberté qui poussent à intervenir dans le monde, à ne pas accepter ce qui est. » (p. 47)

Extrait de « Exister socialement. Sur la sociologie et les théories de la reconnaissance » de Geoffroy de Lagasnerie :

« Etre autonome, c’est échapper à la dialectique aliénante de la reconnaissance, c’est s’affranchir de l’emprise qu’exerce sur les esprits les institutions et les consécrations officielles. C’est tenter de s’arracher à l’insignifiance en refusant de croire à ces fictions vides et, à l’inverse, en se donnant à soi-même ses propres fondements, sa propre logique, ses propres critères de perceptions. » (p. 80)

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Bâtir la civilisation du temps libéré

Bâtir la civilisation du temps libéré d’André Gorz aux éditions Les Liens qui Libèrent (2013) :

Extrait de « Pourquoi la société salariale a besoin de nouveaux valets » (article paru en juin 1990 dans le Monde diplomatique) :

« Le problème de fond auquel nous sommes confrontés est celui d’un au-delà de l’économie et, ce qui revient au même, d’un au delà du travail rémunéré. La rationalisation économique libère du temps, elle continuera d’en libérer, et il n’est plus possible, par conséquent, de faire dépendre le revenu des citoyens de la quantité de travail dont l’économie a besoin. Il n’est plus possible, non plus, de continuer à faire du travail rémunéré la source principale de l’identité et du sens de la vie pour chacun. » (p. 44)

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La violence des riches

La violence des riches : Chronique d’une immense casse sociale, par le couple de sociologues Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon sur le label Zones aux éditions La Découverte (2013) :

Extrait du chapitre 5 (La mécanique de la domination) :

« Les rapports sociaux de domination s’inscrivent dans les corps, dans le maintien et la gestuelle. Le corps manifeste des différences et des inégalités qui sont vécues comme naturelles alors qu’elles relèvent de la place occupée dans la société. Ces différences sont redoublées par les modalités vestimentaires de la présentation du corps.
(…)
Mais, que le corps soit redressé et discipliné, qu’il soit décontracté ou qu’il exprime des conditions de vie et de travail difficiles, chacun vivra cette présentation de soi comme la réalisation de son essence. Les inculcations les plus arbitraires et les plus contraignantes finissent, lorsqu’elles sont efficacement menées, par être ressenties comme relevant de la personnalité profonde. » (p. 172)

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La saveur des savoirs

La saveur des savoirs : Disciplines et plaisir d’apprendre de Jean-Pierre Astolfi chez ESF éditeur (2008, 3ème éd. 2014) :

« OÙ L’ON RÉHABILITE LES SAVOIRS, TROP FACILEMENT DÉCLARÉS académiques et inutiles, dévalorisés au profit des perspectives plus dynamiques qu’offrent, par exemple, les compétences et l’interdisciplinarité. Où l’on défend également l’organisation du savoir en disciplines, parce que celles-ci sont des sortes de géants qui nous ouvrent à autant de « nouveaux mondes » et développent chacune une forme singulière de « discipline de l’esprit ». Développer ainsi l’idée d’une « saveur des savoirs » a d’importantes conséquences didactiques aussi bien en direction des élèves que des professeurs. » (début du chapitre 1)

Pour une école de l’exigence intellectuelle

Pour une école de l’exigence intellectuelle : Changer de paradigme pédagogique de Jean-Pierre Terrail aux éditions La Dispute (2016) :

« (…) le plaisir d’apprendre et de comprendre est la seule motivation, intrinsèque à l’acte d’apprentissage, sur laquelle une pédagogie de l’exigence puisse s’appuyer. » (p. 106)

Dans la conclusion, à la page 135, Jean-Pierre Terrail cite Jean-Pierre Astolfi (un extrait de La saveur des savoirs) :
« Sans cadres théoriques nous restons prisonniers de nos perceptions, de nos intuitions, des traditions, des biais de notre expérience personnelle, mais aussi des représentations sociales et des pièges du langage. La théorie nous libère ainsi de notre naïveté, de nos évidences, de notre innocence. Elle introduit du doute systématique, du questionnement critique, une remise en cause incessante. Et finalement de la pensée en mouvement… là où régnait de la certitude tranquille. »